Avec le Web 2.0, Internet se mue en plate-forme applicative plus souple que les modèles client-serveur et reposant sur des outils connus de longue date. Un grand pas vers le bureau virtuel.
le Web 2.0 n'est pas une nouvelle technologie ni même une révolution, c'est tout simplement une évolution dans la manière d'utiliser des technologies disponibles depuis déjà une dizaine d'années, afin de réaliser des sites Web plus interactifs et proposant des applications et des services variés.
Cette nouvelle manière de penser et de construire des sites Web repose sur des outils qui n'ont rien de nouveau. Dans beaucoup de cas, on fait déjà du Web 2.0; remplir un formulaire, commander des photos ou simplement jouer en ligne sont des services aujourd'hui très utilisés, qui s'inscrivent parfaitement dans l'esprit du Web 2.0. Ces services constituent une étape intermédiaire que certains n'ont pas hésité à baptiser, le Web 1.5.
D'un point de vue technique, la différence de fonctionnement entre le Web traditionnel et le Web 2.0 est assez simple décrire. Elle repose sur le transfert asynchrone des données. Avec le web 1.0, lorsque l'application modifie le moindre élément dans une page affichée (un prix, un lien ou même un pixel), c'est la page tout entière qui doit être rafraîchie puis renvoyée par le serveur vers la machine de l'internaute. Il en résulte un certains nombre d'inconvénients, parmi lesquels une charge importante au niveau serveur, une large occupation de la bande passante et un effet visuel de réaffichage d'autant moins esthétique que, en fonctin du volume des données à réafficher, la recomposition de la page peut s'avérer longue. Avec le Web 2.0, toute cette machinerie, bien peu élégante d'un point de vue ingénierie, n'a plus lieu d'être. Lorsqu'une information abesoin d'être rafraîchie sur l'écran de l'utilisateur, seule celle-ci est renvoyée par le serveur. Cette optimisation découle de deux facteurs indissociables qui définissent le Web 2.0. D'une part, l'application sait isoler la donnée devenue obsolète, ce qui lui permet d'envoyer une requête optimisée au serveur. D'autre part, la technologie de codage de l'application au niveau client est, elle aussi, optimisée, de sorte que le navigateur peut afficher cette nouvelle donnée au bon endroit de la page sans que celle-ci doive être intégralement recomposée. Résultat: tous les inconvénients cités précédemment disparaissent. Les serveurs sont beaucoup moins sollicités donc plus rapides et plus à même de supporter des montées en charge importantes. Il transite beaucoup moins de données sur le réseau d'où, là encore, une réactivité du système nettement supérieur. Enfin, le rafraîchissement étant réduit, il paraît aussi immédiat et naturel qu'avec une application locale. Pour les responsables informatiques, c'est le monde rêvé: plus besoin d'installer les applications et les mis à jours se font automatiquement.
Mais tous ces services et applications ne peuvent se concrétiser sans les outils de développement nécessaires. C'est justement là qu'intervient Ajax (Asynchronous Javascript and XML). Bien que considéré par les plus sceptiques comme un ensemble de technologies immatures, Ajax intéresse de plus en plus d'éditeurs. Microsoft, par exemple, a récemment présenté son framework Atlas pour Visual Studio. Des éditeurs de moindre envergure présentent des bibliothèques qui permettent aux programmeurs de masquer la complexité et la compatibilité des navigateurs avec les technologies Ajax reste toujours à régler.