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La convergence entre fixe et mobile !


Le même numéro, le même terminal, chez soi ou ailleurs, c'est ce qu'offre déjà, via l'UMA, l'interconnexion des réseaux télécoms. En attendant des services plus sophistiqués...
En annonçant en juin la fusion de leurs activités opérateurs, Nokia et Siemens comptaient réaliser la convergence des réseaux fixes et mobiles. Car la complémentarité des deux équipementiers est d'abord technique. Le premier est I'un des champions des infrastructures pour mobiles et le second est réputé dans le domaine des infrastructures pour fixes.

De son côté, France Télécom, abandonnant plusieurs de ses marques au profit d'Orange, s'engage sur la même voie. Ses principaux concurrents, Neuf Cegetel et Free, ne sont pas en reste. Depuis peu, ils commercialisent des oftes "quadriplay" combinant Internet haut débit, télévisjon, téléphonies fixe et mobile. La convergence des téléphonies fixe et mobile n'est pas un thème nouveau. Dès le milieu des années 90, les entreprises gérant de vastes flottes de téléphones mobiles s'y sont intéressées. Il s'agissait pour elles de réduire la facture téléphonique en redirigeant les communications vers le réseau fixe lorsque les collaborateurs utilisaient leur téléphone portable à leur domicile. Des premières ébauches de convergence fixe-mobile ont alors vu le jour grâce à I'apparition de terminaux bibandes combinant la norme de téléphonie sans fil Dect et GSM. ils n'ont cependant pas rencontré le succès escompté, par manque d'engagement des équipementiers semble-t-il. Cette idée a été remise au goût du jour sous I'influence de plusieurs facteurs, à la fois techniques et économiques. Économiques car les opérateurs de téléphonie fixe sont à la veille d'un bouleversement très substantiel de leur activité avec la montée en puissance de la téléphonie IP et la cannibalisation du fixe par le mobile. Techniques, car depuis les années 90 se sont développées les technologies de téléphonie cellulaire à haut débit, GPRS, puis UMTS, ainsi que celles de transmission radio avec Bluetooth, Wi-Fi ou Wimax, lesquelles réalisent I'articulation entre les réseaux cellulaires et fixes.

Le principe de la convergence est le suivant : lorsque l'utilisateur appelle de chez lui, un logiciel intégré à son téléphone portable bibande GSM encapsule les cellules GSM dans des trames IP. Celles-ci sont transmises par liaison radio haut débitWi-Fi ou Bluetooth à la "box" fournie par son fournisseur d'accès Internet (FAI). De là, via un réseau filaire IP, les données sont acheminées, aux conditions tarifaires du fixe, vers le terminal de l'interlocuteur ou, s'il s'agit d'un mobile, vers une passerelle qui va diriger la communication vers le réseau mobile adéquat. Pour I'utilisateur, cette convergence signifie qu'il n'a plus besoin que d'un seul numéro de téléphone et d'un seul terminal, en I'occurrence un portable, que les appels reçus ou émis transitent sur un réseau fixe ou mobile, la bascule de I'un à I'autre étant transparente pour lui. L'interconnexion des réseaux cellulaires et IP est réalisée en utilisant le protocole UMA (Unlicensed Mobile Access), mis au point par un consortium composé d'une quinzaine de partenaires dont Alcatel, Ericsson, Motorola et Nortel. L'équipement appelé UNC (UMA Network Controller, contrôleur UMA) authentifi e l'utilisateur, puis il réalise la connexion avec le réseau cellulaire. C'est donc lui qui joue le rôle de passerelle entre réseaux cellulaires et réseaux mobiles IP. Ce qui a été décrit jusqu'à présent n'est cependant qu'une première esquisse de ce que sera à terme la convergence fixe-mobile.
Une version plus élaborée permettra d'accéder à une large palette de services (VoIP, visiophonie, messagerie multimédia, conférence Web, push to talk...) et d'applications, quel que soit le terminal (PC, PDA, téléphone portable, etc.) et le réseau d'accès emprunté : large bande (DSL, câble), commuté (RTC, Numéris), cellulaire (GSM/GPRS, UMTS ou HSPDA) ou radio (Wi-Fi, Wimax ou UWB). Il s'agit donc d'une convergence généralisée, voix-données et fixe-mobile à la fois. Il sera alors possible pour chaque utilisateur de partager plusieurs applications avec d'autres interlocuteurs, par exemple de jouer en réseau tout en poursuivant des conversations téléphoniques. Pour aboutir à cette interopérabilité des services télécoms, il est cependant nécessaire de modifier I'architecture des infrastructures de réseaux afin de les rendre conformes à I'archirecture dite iMS (IP Multimedia System). LIMS est issue des travaux du consortium 3GPP (Third Generation Partenership Project) qui définit les spécifications des normes utilisées dans le cadre de la téléphonie mobile de troisième génération. Pour autant, cette architecture peut être mise en æuvre sur d'autres réseaux que les réseaux mobiles 3G. En effet, I'IMS est une couche "middleware" qui s'intègre entre, d'un côté les terminaux et les réseaux d'accès et, de l'autre, les applications. Elle permet d'ouvrir plusieurs sessions au cours de la même communication. Au cæur de I'IMS, un contrôleur de sessions traite les requêtes émises par les terminaux connectés, identifie et authentifie les abonnés qui sont dirigés en fonction de leur profil vers les services applicatifs à I'aide du protocole de signalisation SIP (SessionIn itiation Protocol) standardisé par I'IETF. Des objectifs prometteurs donc, mais la transition vers I'architecture IMS-Sip sera toutefois progressive.